American Royals, Katharine McGee

« Et si une famille royale régnait sur les États-Unis ?

Quand les États-Unis ont arraché leur indépendance aux Britanniques, George Washington, général en chef des armées américaines, s’est vu proposer la couronne. Et, au lieu d’insister pour que son pays devienne une république… il a accepté ! Deux cent cinquante ans plus tard, c’est donc la maison Washington qui est à la tête de la première puissance mondiale. Comme la plupart des familles régnantes, elle compte une héritière et un fusible, une éventuelle remplaçante. L’une sera la future reine, l’autre est là pour servir son pays, mais seulement au cas où. Béatrice et Samantha savent depuis l’enfance ce que l’on attend d’elles. Mais elles ne sont pas n’importe quelles princesses. Elles sont américaines, et leur pays est né d’une rébellion…

À seulement vingt-et-un an, Béatrice, élevée pour régner, a la chance de devenir la première reine du pays, où jusque-là seuls des hommes pouvaient exercer le pouvoir… une réforme du droit de succession a bouleversé son existence, mais son avenir tout tracé devient soudain trop pesant pour elle. Quant à Samantha, elle se soucie peu de briser les règles d’une cour qui se soucie peu de ses incartades – jusqu’au jour où sa sœur est soudain sommée d’épouser l’homme dont elle est tombée amoureuse… Sans oublier Jefferson, le frère jumeau de Samantha, relégué au troisième rang dans l’ordre de succession alors qu’il aurait dû régner, et pris dans une redoutable rivalité amoureuse.

Déchirés entre leur devoir et des penchants bien humains, les membres de la famille royale américaine se débattent sous les feux des projecteurs et des réseaux sociaux. Personnages irrésistibles, luttes d’influence et secrets d’alcôve… Une duologie sensible et cruelle qui rappelle la série phénomène The Crown, la modernité en plus. Découvrez, sous la plume de Katharine McGee, les mystères de la famille la plus célèbre de l’Histoire, dont les peines et les drames se jouent sur la plus vaste scène qui soit : le monde. »


Genre : Jeunesse/Romance  –   563 pages


Et si les États-Unis d’Amérique, au moment de déclarer leur indépendance, n’avaient pas élu mais couronné Georges Washington, en en faisant ainsi le premier monarque de ce grand état ? C’est le postulat de départ très sympathique de cette nouvelle saga jeunes adultes, American Royals, dont le 1er tome est paru chez Lumen à la rentrée. 

De nos jours, la jeune Béatrice – 21 ou 22 ans, je ne sais plus exactement – est amenée un jour ou l’autre à prendre la succession de son père, le Roi. Élevée depuis son plus jeune âge dans cette seule optique, son sérieux & son abnégation sont reconnus de tous ; d’autant plus qu’elle sera la première femme à régner en son nom , son père ayant mis fin peu de temps auparavant à un système patrilinéaire, qui ne transmettait le royaume qu’au fils premier-né. Pourtant, Béatrice, même si elle ne le montre pas, a ses doutes et ses failles, comme tout le monde. Aussi, quand ses parents – les souverains – lui signifient que le progrès qu’est de voir une femme accéder au pouvoir serait mieux accepté par les sujets si cette femme se marie – et a donc un prince consort – elle comprend qu’elle va devoir épouser un homme par devoir et non par amour, tout en passant sur la frustration de ne pas voir la société évoluée assez vite.

« Salles de bal et portes dérobées, secrets et scandales, passions et déceptions amoureuses… Voici l’histoire de la plus célèbre des lignées, celle dont les déboires se jouent sur la plus grande scène du monde.
L’histoire de la famille royale américaine. »

Si Béatrice se place comme la protagoniste la plus importante de l’histoire par sa position de future souveraine, d’autres personnages nous offrent eux aussi leur point de vue sur l’histoire et les évènements qui vont se produire. 

Il y aura d’abord le frère et la sœur de Béatrice, des jumeaux qui savent qu’ils n’auront probablement jamais accès à la couronne ; turbulents, menant une vie insouciante en se moquant des conséquences, ils cachent néanmoins plus de profondeurs qu’ils n’en donnent à voir. 

Il y a aussi Daphné, une jeune ambitieuse prête à tout pour faire partie du cercle restreint de la famille royale, ainsi que Nina, la fille de l’actuelle ministre des finances. Roturière, elle est une amie proche des jumeaux, l’opposée de Daphné puisque sa philosophie de vie pourrait se résumer à “pour vivre heureux, vivons cachés”. 

Arrivée à la moitié de ma lecture, il m’a fallu me rendre à l’évidence : si le contexte uchronique est intéressant, il est assez irrégulièrement développé. Les bases sont posées, et place à la romance, dans un style simple et plaisant, qui a quelque chose de très feuilletonesque.

« – Comment avez-vous appris à faire les nœuds papillon ? demanda le jeune homme une fois qu’elle eut terminé.
Son col était de nouveau impeccable. La princesse ne commençait rien si elle n’était pas capable de le terminer à la perfection.
– Mon professeur d’étiquette m’a enseigné la technique.
Il se mit à rire avant de s’interrompre aussitôt.
– Vous êtes sérieuse ? Vous aviez réellement un professeur d’étiquette ? dit-il en la fixant.
– Bien sûr que oui, répondit Béatrice, mal à l’aise.
– Et que vous a-t-il enseigné d’autre ?
– Les bonnes manières à table, la révérence, comment entrer et sortir d’une voiture…
– Il existe vraiment une méthode particulière ?
La jeune fille se sentait de plus en plus mortifiée.
– Absolument. Il faut balancer les deux jambes en même temps, les genoux serrés, pour empêcher les paparazzis de…
Prendre en photo ma petite culotte, songea-t-elle. Elle chercha désespérément une manière plus élégante de le formuler mais Teddy, les yeux ronds, semblait avoir compris.
– Je suis bien content de ne pas porter de jupe, plaisanta-t-il. »

Force est d’admettre que celle-ci est plutôt de qualité. Les situations sont franchement éculées, mais se suivent avec un plaisir parfois énorme lorsqu’il s’agit de certains personnages. Si les romances concernant Nina ou les jumeaux m’ont semblées inabouties et parfois un peu maladroites (nous faire croire que Nina, fille d’une ministre, est une nobody, quasiment une pauvresse : NON), les enjeux auxquels est soumise Béatrice sont autrement plus captivants, puisqu’ils exploitent aussi plus le terrain uchronique de l’histoire. Sont ainsi interrogées les notions de sacrifice, de liberté personnelle lorsqu’on est un personnage aussi essentiel aux rouages d’une monarchie (l’égoïsme de se marier avec qui l’on veut ici), la dimension politique de chaque fait et 41hcpiKyV1L._SX309_BO1,204,203,200_geste – particulièrement lorsqu’il concerne une femme (pleurer et avoir l’air d’une hystérique là où un homme aurait été jugé touchant par exemple). Bref, on a un roman qui s’ancre tout de même bien dans son sujet si on creuse un peu. 

En conclusion … Un premier tome tout de même assez réussi pour cette nouvelle série, malgré la place restreinte laissée à l’uchronie à proprement parler. 

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[Merci à NetGalleyFrance et la maison d’éditions Lumen pour cette lecture.]

5 réflexions sur “American Royals, Katharine McGee

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