Le phare au corbeau, Rozenn Illiano #plib2020

« Agathe et Isaïah officient comme exorcistes. L’une a les pouvoirs, l’autre les connaissances ; tous deux forment un redoutable duo.
Une annonce sur le réseau social des sorciers retient leur attention. Un confrère retraité y affirme qu’un esprit nocturne hante le domaine d’une commune côtière de Bretagne et qu’il faut l’en déloger. Rien que de très banal. Tout laisse donc à penser que l’affaire sera vite expédiée.
Cependant, lorsque les deux exorcistes débarquent là-bas, le cas se révèle plus épineux que prévu. Une étrange malédiction, vieille de plusieurs générations, pèse sur le domaine de Ker ar Bran, son phare et son manoir.
Pour comprendre et conjurer les origines du Mal, il leur faudra ébranler le mutisme des locaux et creuser dans un passé que certains aimeraient bien garder enfoui… »


logoplib2020Genre : Fantastique   –   350 pages   –   Lu dans le cadre de la Masse-Critique Babelio   –   Sélectionné pour le PLIB 2020   –   #ISBN9782375791271


Quand j’ai su que j’allais recevoir Le phare au corbeau à la Masse Critique imaginaire de Babelio, j’étais plutôt contente. C’est une publication des éditions Critic, maison d’éditions que j’aime beaucoup mais surtout un roman fantastique français écrit par une jeune autrice ayant déjà de la bouteille dans le secteur de l’auto-publication, Rozenn Illiano, dont c’est la première oeuvre que je lis. 

Nous suivons dans ce roman Isaïah et Agathe – qui est aussi notre narratrice. Ils ont tous les deux une petite vingtaine d’années et travaillent, depuis quasiment leur sortie du lycée, comme exorcistes. Si Isaïah n’a aucun pouvoir à proprement parler – il se sert du Hoodoo, un mélange d’animisme et de pratiques catholiques (merci Wikipédia !) – Agathe possède elle le don de double-vue. Ne pouvant agir l’un sans l’autre, ils forment un duo complémentaire et efficace. 

« Parfois, les superstitions provoquent des hallucinations collectives, et l’on se prend à imaginer que des fantômes nous tourmentent… Une part non négligeable de notre travail consiste à étudier la psychologie de nos clients, à nous adapter, et à tenter de désamorcer, le cas échéant, les conflits et les non-dits qui règnent entre eux. Car ces conflits et ces non-dits ramènent les âmes des morts parmi les vivants. Des histoires de famille, des secrets, des rumeurs… »

Les voici dépêchés au service d’un ami d’Isaïah désormais maire d’une petite commune de Bretagne dont le phare et la propriété adjacente sont réputés hantés. Récemment acquise par un jeune couple et leur petite fille, la maison est le théâtre de manifestations de plus en plus inquiétantes : portes qui claquent, objets qui tombent au sol et surtout des présences dans les rêves de la petite fille, qui comme de nombreux enfants possèdent encore un don de double-vue lié au jeune âge. Le spectre en question semble lié au phare, mais pourquoi ? 

Il est bien évident que ce “cas” va s’avérer plus compliqué que prévu, d’autant plus qu’il va falloir mener l’enquête pour savoir exactement pour quelles raisons le domaine est hanté – une donnée nécessaire face à une telle affaire, cela va sans dire. Si la demeure a été au début du siècle la propriété d’un alchimiste parisien fantasque, ses alentours ont aussi été témoin d’un événement tragique quelques années auparavant, marquant à jamais l’esprit de ce village où tout le monde se connaît. En plus de la narration d’Agathe vont donc se rajouter en parallèle les histoires de ces personnages sur quelques chapitres, apportant un éclairage différent et bienvenu à une histoire présentes qui avance lentement – car très souvent, nous en savons plus que nos deux exorcistes qui s’échinent eux à reconstituer un déroulé cohérent du passé du lieu, entre archives et témoignages.

« Elle sourit, d’un air un peu triste. Nous sommes coincées toutes les deux dans des vies qui nous conviennent jusqu’à un certain point. Des vies dans lesquelles il manque quelque chose, à l’image d’un vêtement trop grand ou trop petit, où le bonheur nous échappe de peu. Pas de quoi se plaindre, non… Mais en arrière plan, il y a cette mélodie dissonante, un chuchotement qui nous rappelle qu’un infime grain de sable grippe la machine. »

Si les personnages secondaires sont bien construits et intéressants, ce sera surtout à Agathe que nous nous intéresserons ici. La jeune femme, rejetée par une famille effrayée par son don, souffre d’un terrible manque de confiance en elle. En cause ? Son don de double-vue incomplet, qui lui permet de voir les âmes errantes mais ne parvient pas à les soulager, d’où la présence d’Isaiah auprès d’elle. Il s’agira donc aussi pour elle, face à une affaire de cette ampleur, de prendre conscience de sa valeur et de ses capacités, pour parvenir à s’assumer enfin telle qu’elle est. Elle incarne un personnage plutôt attachant, assez abîmée, même si ses atermoiements m’ont parfois lassé car ils sont répétitifs 61bw7SyfqALet trop appuyés. Quant à Isaiah, j’ai aimé qu’il soit ce personnage de roman fantastique exerçant la fonction d’exorciste MAIS qu’il n’ait aucun pouvoir. L’idée de se référer au Hoodoo est vraiment bonne, et c’est aussi l’occasion de mettre en avant une culture spirituelle qu’on ne croise pas souvent dans les livres. 

Et que dire de la Bretagne ? Elle fait évidemment un parfait décor, telle la terre de légendes qu’elle est dans notre esprit collectif. Pour tout dire, ce cadre français qu’on connait je crois tous (qu’on y habite ou qu’on y ait passé des vacances) est très rafraichissant : sa proximité, sa tangibilité m’ont immergé dans ce roman d’une manière vraiment particulière. Les paysages décrits par l’autrice me venaient naturellement en tête, sans un quelconque effort d’imagination, laissant ainsi la porte ouverte à un fantastique vraiment prégnant. Même si très honnêtement le roman ne m’a pas tellement fait frissonné, l’immersion était quand même de mise, malgré une fin trop précipitée.

En conclusion … Un roman fantastique sympa à lire malgré quelques défauts, mais néanmoins bourré de bonnes idées. (↓↓↓ C’est un 2,5/4 ! ↓↓↓)

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8 réflexions sur “Le phare au corbeau, Rozenn Illiano #plib2020

    • MahaultMots dit :

      J’espère que tu auras l’occasion et le temps de le découvrir. Malgré ces petits soucis de rythme que je souligne, il m’a fait passer un bon moment et surtout, appelle à la création d’une saga – qui si elle suit le même modèle (à savoir parcourir les régions de France et leurs légendes) promet d’être très sympa !

      Aimé par 1 personne

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