Par deux fois tu mourras (#1 Les francs Royaumes), Eric Fouassier

« Palais de Rouen, 569. Galswinthe, la jeune épouse de Chilpéric, l’un des trois petits-fils de Clovis, meurt étouffée dans sa chambre. Juste après, son assassin est retrouvé poignardé… Quatre ans plus tard, la sœur de Galswinthe, la reine Brunehilde d’Austrasie, est persuadée que toute la lumière n’a pas été faite sur cette tragique affaire. Elle charge Arsenius Pontius, un jeune lettré gallo-roman, de se rendre à Rouen pour enquêter en toute discrétion.
Sur place, Wintrude, une ancienne princesse thuringienne devenue esclave des Francs, lui apporte des informations essentielles. La jeune femme, indirectement mêlée au meurtre de Galwsinthe, a dû se placer sous la protection de l’Église pour échapper à des proches de Chilpéric, qui cherchent à la réduire au silence… Victime lui-même d’une tentative de meurtre, Arsenius apprend qu’un conflit est sur le point d’éclater entre Neustrie et Austrasie. Dès lors, Wintrude et lui n’ont plus le choix : ils doivent faire éclater la vérité avant que le jeu des trônes n’embrase toute la Gaule mérovingienne. »


Genre : Historique   –   400 pages


Par deux fois tu mourras est le premier tome d’une série historique française paru l’année dernière chez JC Lattès. Seront disponibles en mars 2020 le format poche de ce premier tome, ainsi que le second tome, La fureur de Frédégonde, toujours chez le même éditeur. 

Sous son accroche game of thrones-que (le livre papier fait mention de sexe, de vengeance et de sang), il s’agit surtout d’un honnête roman historique se penchant sur un VIème siècle violent et sans pitié, alors que trois rois Francs – petits-fils de Clovis Ier –  se partagent la Gaule mérovingienne : Sigebert, Chilpéric & Guntramn. Les trois territoires coexistent dans une paix fragile et relative qu’un rien semble être capable de troubler. 

Arsenius Pontius est un jeune Gallo-romain lettré qui ne connaît pas encore grand chose à la vie. Il se trouve pourtant convoqué par la reine d’origine wisigothe Brunehilde – épouse du roi Sigebert – pour élucider le meurtre de la reine Galswinthe, sa soeur et ancienne épouse de Chilpéric, depuis remarié avec Frédégonde, sa concubine Gauloise autrefois servante. Si ce dernier a été reconnu coupable et a dû verser le prix du sang en compensation (donc céder des territoires à la sœur lésée et son époux), Brunehilde ne se satisfait guère de ne pas savoir dans quelles circonstances exactes sa chère soeur a été assassinée, d’autant plus qu’elle est persuadée de l’implication de Frédégonde. Elle demande donc à Arsenius de se rendre à Rouen, où le crime a eu lieu, pour y mener une enquête plus poussée. 

« Puis-je faire remarquer humblement à votre grandeur, risqua Arsenius, qu’une sévérité excessive peut déboucher sur l’effet inverse de celui escompté ? En l’occurrence, entretenir un esprit de rébellion et empêcher les cœurs de s’ouvrir à la parole divine. Comme nous l’enseignait Térence dans ses vers, « la justice rigoureuse est souvent une grande injustice ». »

Le jeune homme, d’abord honoré par la demande de sa souveraine, se rend bien vite compte qu’elle lui a confié une mission ô combien dangereuse et qu’il lui faudra faire preuve de courage et de discernement pour arriver à ses fins, lui qui n’est nullement un espion professionnel. Il rencontre à Rouen la jeune princesse Thuringienne Wintrude, réduite en esclavage depuis des années, dont le frère serait l’auteur du fameux meurtre. Cette dernière, persécutée car elle en sait trop, a demandé le droit d’asile dans une église et y vit désormais retranchée – quoi qu’elle ait des envies de liberté difficiles à réfréner. 

Nous naviguons donc entre intrigues de cours, avancement d’enquête et découverte de l’histoire de tous ces peuples (Wisigoths, Francs, Thuringes, …). Si le point de vue ingénu d’Arsenius colle parfaitement à celui du lecteur, ce sont les quelques chapitres narrés du point de vue d’éminents personnages qui nous font peu à peu comprendre que des évènement tragiques sont en approche. Même s’il y a beaucoup de fiction dans ce roman, le volet historique est riche d’enseignements et on se passionne pour l’entrechoquement de tous ces peuples dont les cultures sont peu à peu nivelées par la religion catholique, plus par intérêt politique que par véritable croyance d’ailleurs ; s’appuyer sur l’Église peut rendre véritablement puissant.

« Crois-moi, reprit le duc, le royaume des Francs s’apprête à vivre des heures sombres. Bientôt, chacun devra choisir son camp et les mal avisés ne vivront pas assez longtemps pour nourrir des regrets. »

Même s’il y au final assez peu de violence pure dans le roman, il m’a semblé que couv47154705l’atmosphère rude, poisseuse et brutale de l’époque – où du moins l’idée qu’on s’en fait – était particulièrement bien restituée par l’auteur. Le roman jouit d’une véritable atmosphère, puisqu’il ne suffit que de quelques phrases pour s’imprégner de l’histoire malgré un style très classique et un déroulement du récit pas tellement surprenant, d’autant plus qu’on peut reprocher à Arsenius et Wintrude un côté un peu lisse, peut-être trop « parfaits ». C’est peut-être ces deux points moins positifs qui empêchent véritablement le roman de décoller et de faire preuve d’un soufflé épique – pour autant, cela ne lui manque pas cruellement non plus : la qualité est là.


En conclusion : Un bon roman historique, classique mais de qualité.

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Merci à NetGalleyFrance et aux éditions J.-C. Lattès pour ce service presse.

4 réflexions sur “Par deux fois tu mourras (#1 Les francs Royaumes), Eric Fouassier

  1. juliet595 dit :

    Oooooh merci pour la découverte !!! J’ai fait une prépa d’histoire et la faide royale (le nom de cette histoire avec Brunehaut et Frédégonde) est l’un des premiers trucs qu’on apprend en histoire médiévale ; tout le reste de l’année la classe a été divisée entre team Brunehaut et team Frédégonde XD Il faut absolument que je fasse passer ça aux anciens de la prépa, ils vont adorer 😀

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