La cité des chimères, Vania Prates #plib2020

couv62413807Genre : Fantasy ; Post-apocalyptique

448 pages

« Le monde tel qu’on l’a connu a disparu. Chaos, misère, famine … Les Hommes ont enfin trouvé un équilibre et se sont organisés en guildes, guidé par leur chi, leur nature profonde. Guilde des Marchands, des Inventeurs, des Alchimistes, des Gardiens ; tous demeurent fidèles à ce qu’ils sont afin de vivre en harmonie avec la nature et les animaux particulièrement respectés, créant une cité semblable à une ville sylvestre.

Dans ce monde proche de l’utopie, Céleste, une jeune fille de 17 ans, n’a pas de chi. Le jour où elle rencontre Calissa, mystérieuse contrebandière, elle est loin de se douter qu’elle va se retrouver embrigadée bien malgré elle dans une histoire complexe qui mêle non seulement le dirigeant de Lowndon Fields, mais également la très redouté « Confrérie des Sans-loi ».

Entre ruse, savoir, intrigues et faux-semblants, Céleste va devoir changer sa vision du monde. »


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#ISBN9782490151219   –   Sélectionné pour le PLIB 2020


Il m’est arrivé plusieurs fois de tomber en librairie sur des livres des éditions SNAG, et j’étais forcément curieuse de me plonger dans l’une de leurs publications. Dans le cadre du PLIB (pour lequel je suis jurée cette année ! Tous les détails => ICI <=), nous avons parmi les sélectionnés deux livres SNAG : Cendres de Johanna Marines (qui ne m’attire pas vraiment) et cette Cité des chimères dont les bonnes notes LivrAddict ont suscité ma curiosité.

Il s’agit donc d’un roman post-apocalyptique, puisque l’histoire prend place après notre ère, sur une Terre qui a connu moults catastrophes et sur laquelle subsistent bien peu d’humains, avec un soupçon de Young-Adult et de fantasy, puisque le livre fonctionne sur pas mal de ressorts magiques et oniriques.

Céleste est une jeune femme de dix-sept née et élevée à Lowndown Fields, seule enclave humaine connue (sauf une exception dont on ne connaîtra tout au long du livre que le nom) à des kilomètres à la ronde. Quelque peu bonne à tout faire de ses frères – heureux propriétaires d’un magasin d’objets de l’Ancien-monde (donc plus ou moins nous) qui cartonne auprès des riches collectionneurs, elle passe ses journées à faire le ménage, inventorier, ou encore livrer des colis. Cette dernière activité est d’ailleurs celle qu’elle préfère, puisque cela lui permet de mettre un peu le nez dehors. Croiser du monde et regarder de loin les Gardiens et leurs Animae, ou encore les portes de la mystérieuse Septentria, grande académie objet de toutes les rumeurs. Tout est bon pour cette jeune femme à la vie un peu terne pour rêver.

« – Vous qui avez travaillé dans une boutique d’objets anciens, vous avez certainement dû voir une mappemonde, bien qu’elles se fassent rares.
– Oui, j’en ai vu.
– Imaginez tous ces pays, les livres qu’ils ont dû créer, publier, partager de par le monde, et maintenant regardez cette pièce. À mes yeux, elle me semble soudain beaucoup plus petite.
– Des livres ont certainement dû être trouvés ailleurs. Il doit y avoir d’autres personnes qui ont survécu et qui vivent comme nous, en dehors de Crownway, bien sûr.
– J’ai bien envie d’y croire, mais les seuls qui vont assez loin pour s’en rendre compte n’ont pas rapporté de très bonnes nouvelles. Pensez seulement à tout ce qui a été perdu. Certaines nuits, ça m’empêche de dormir. »

Car si les Gardiens ont un chi – celui de pouvoir communiquer avec les Animae (animaux) – et qu’ils en existent des dizaines d’autres (commerce, alchimie, etc …), Céleste elle, a passé l’âge d’espérer déclarer un jour une capacité spéciale. Pourtant, alors qu’elle se balade tranquillement, une jeune femme l’aborde et lui demande de garder pour elle sa sacoche, le temps d’esquiver d’éventuels poursuivants. Céleste rentre chez elle et mue par la curiosité, finit par découvrir dans le sac un livre, qu’elle commence à lire. Elle qui a arrêté l’école à seulement douze ans et n’avait pas ouvert un livre depuis ne le savait pas, mais elle a un chi : c’est une immergeante. Elle a la capacité de lire et de vivre les récits auxquels elle est soumise ; sa place se trouve donc entre les murs de la mystérieuse académie de Septentria.

La narration ne se concentrera d’ailleurs pas que sur son personnage, mais également sur celui de Calissa, la mystérieuse contrebandière qui confiera sa sacoche à Céleste ; car si Lowndown Fields s’apparente à un havre de paix au premier abord, la ville a connu des heures bien plus sombres quelques années auparavant, des heures sombres nimbées d’un mystère qui semble mêler les hautes instances politiques de la ville et Septentria elle-même.

Céleste commence donc le récit comme une jeune femme innocente mais alerte, qui ne demande qu’un sursaut pour enfin se mettre à vivre pleinement. Bridée par des frères qui ne la voient plus pour la personne qu’elle est mais comme ce qu’elle peut faire pour eux et par une mère qui refuse de la laisser grandir, elle va connaître tout au long de ce récit assez initiatique une très belle évolution qui a en plus le bon goût d’être logique avec ce qu’est l’essence même du personnage. Pas de revirement de caractère étrange donc, ce qui fait de Céleste un personnage agréable à suivre. Quant à Calissa, l’autre personnage avec lequel Céleste partage la narration, elle est tout aussi plaisante ; ces quelques années de plus donne une couleur plus mature au récit, avec une intrigue tout aussi intéressante que celle à laquelle est mêlée Céleste.

« Céleste se figea, se disant que le bruit allait forcément alerter Daniel. Heureusement, il ne pourrait exiger d’entrer dans sa chambre, mais il pouvait toujours sonner pour que quelqu’un vienne s’assurer que tout allait bien.
Elle resta silencieuse, le regard braqué sur Dao, jusqu’à ce qu’inévitablement on frappe à sa porte :
– Toujours vivante ?
– Oui, oui. Désolée, je suis … Maladroite.
– Hmm, je m’en moque, en fait. Ce que tu fais dans ta chambre te regarde. Par contre, je viens de me souvenir que j’ai oublié de te demander quelque chose d’essentiel …
Céleste retint son souffle, priant pour que Dao ne bouge pas pendant quelques secondes encore.
– Oui ?
– Ressens-tu parfois des envies de brûler des choses ? Comme du papier, du bois, des rideaux ou même des demeures ? »

Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Le roman affiche 448 pages au compteur mais m’a tout de même semblé assez court ; comme je l’ai lu en numérique, j’ignore quelles sont les modalités de mise en page « papier » des éditions SNAG précisément, mais il me semble que les marges sont importantes et la police plutôt grande. Le roman est rapide à lire donc, et même si l’on peut regretter certains développements manquants – dont les personnages secondaires (sauf pour un précisément dont l’intrigue personnel touche à l’intrigue de ce livre), on y sent quelque chose de très introductif qui pourrait augurer d’un second tome, ce que j’apprécierai, car la fin est tout de même assez rapide (je pense là au personnage de Daniel, dont j’aurais aimé avoir des nouvelles).

Je parlais au début de cette chronique d’une touche Young-Adult. Cela se ressent tout d’abord dans l’écriture, même si La cité des chimères privilégie un rythme de croisière lent – au sens positif du terme à l’accumulation d’action et de rebondissements. Ensuite, forcément, si le personnage de Calissa doit avoir quelque chose comme vingt-cinq ou trente ans, Céleste en a elle dix-sept. C’est une adolescente qui lève en quelque sorte le voile du monde qui l’entoure et apprend véritablement à le connaître. Le côté initatique pourra rebuter les plus réfractaire au YA, ce qui serait dommage car La cité des chimères bénéficie d’une intrigue très solide et a le bon goût de ne proposer ni triangle amoureux, ni amour trop soudain. L’autrice met plutôt l’accent sur la solitude et l’amitié, une denrée rare à Septentria, qui n’abrite que des immergeants qui passent leurs journées le nez dans les livres et ne communiquent pour ainsi dire pas du tout ou peu entre eux. Toute la mythologie autour de ces derniers est d’ailleurs très réussie : les bonnes idées fusent et sur ce point, Vania Prates sait où elle veut emmener son récit, tout en ménageant nombres de portes ouvertes pour une éventuelle suite (j’espère ne pas me tromper !).

En conclusion … Une découverte tout à fait charmante, à la croisée des genres, avec une belle mythologie, de beaux personnages, et une belle plume. Tiens-je mon premier potentiel finaliste pour le PLIB ? Je crois que oui.

 

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