Mers mortes, Aurélie Wellenstein #PLIB2020

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Genre : Post-apocalyptique/Jeunesse

368 pages

« Les humains ont massacré les mers et les océans. L’eau s’est évaporée ; les animaux sont morts. Quelques années plus tard, les mers et les océans reviennent. Ils déferlent sur le monde sous la forme de marées fantômes et déplacent des vagues de poissons spectraux, tous avides de vengeance. Les fantômes arrachent leurs âmes aux hommes et les dévorent. Bientôt, les humains eux aussi seront éteints… Leur dernier rempart face à la mort : les exorcistes. Caste indispensable à l’humanité, les exorcistes sont bien entendu très convoités. L’un d’eux, Oural, va se faire kidnapper par une bande de pirates qui navigue sur les mers mortes à bord d’un bateau fantôme. Voilà notre héros embarqué de force dans une quête sanglante et obligé, tôt ou tard, de se salir les mains… »

Sélectionné pour le PLIB 2020   –   #ISBN9782367406602


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Les + : L’idée des Mers Mortes.

Les – : Le style, des personnages inaboutis, des longueurs, des dialogues insipides.


Mers mortes est un roman post-apocalyptique à tendance fantastique, plutôt classifié comme jeunesse. Je n’avais pas forcément envie de découvrir ce titre, mais puisqu’il se trouve à la fois sélectionné pour le PLIB 2020, ainsi que le Prix Imaginales des bibliothécaires auquel j’ai à nouveau le plaisir de participer avec mes cher.e.s collègues, j’ai tout de même décidé de le lire et de l’intercaler entre les autres lectures que je souhaite faire pour cette deuxième phase du PLIB (vous suivez toujours ?).

Nous y suivons le personnage d’Oural, un jeune homme qui ne se rappelle plus vraiment du monde d’avant, celui où les mers et les océans, ainsi que les poissons, n’avaient pas disparu. Désormais adulte, il occupe les fonctions d’exorciste : il est chargé de repousser les attaques de ce qu’on nomme la « mer morte », c’est à dire le spectre de l’eau et des poissons ravagés par le fait de l’Homme et venant attaquer le Bastion, soit la ville surmontée d’une haute tour dans laquelle il se terre, avec les autres survivants qu’il protège. Ces tempêtes sont récurrentes, et peuvent durer des heures. Si pour l’instant les humains restant survivent, ils savent tous que le temps leur est compter avant qu’ils ne disparaissent définitivement.

« Oural était si proche qu’il voyait la splendeur de la mer et ses millions d’âmes qui flottaient dans la luminescence bleutée. Même dépourvue de voix, il percevait très bien sa fureur, sa douleur, sa haine et sa démence. Sauvagement assassinés, les mers et les océans charriaient au creux de leurs vagues monstrueuses le souvenir de leur supplice, et à chaque dégorgement d’écume dans le monde des humains, ils paraissaient hurler « vengeance ! ». »

C’est dans ce contexte de mer morte que débarque une embarcation fantôme, un magnifique bateau bien différent des spectres de bateaux de pêche auxquels Oural est habitué. Belle embarcation sur laquelle se trouve un équipage mené par le charismatique et cruel Bengale, un personnage énigmatique que tous semblent révérer comme un prophète. Oural va s’y trouver pris en otage, et va peu à peu tenter de comprendre les motivations de cette drôle d’équipe … Et cette chronique va être mon petit moment « Tout le monde a aimé sauf moi ». Et le pire, ce que je déteste par-dessus tout, c’est qu’il m’est très difficile de mettre exactement le doigt sur ce qui ne m’a pas plu.

Déjà, en tout premier lieu, je n’ai pas été embarquée dès le départ : chacune des 368 pages a été d’une lenteur extrême, et aucun rebondissement n’a pu me raccrocher au navire de tout ce petit monde. Puis, le personnage principal – Oural – m’a plutôt tapé sur les nerfs qu’autre chose. Je l’ai trouvé extrêmement changeant dans son attitude, très peu à même de prendre la moindre décision ou de mener la moindre réflexion poussée. C’est plutôt dommage puisque cela nuit à mon sens à la pleine portée du message écologique, thème central finalement de cette œuvre ; cette idée de mer morte est pour le coup une idée géniale, pleine d’un potentiel que je n’ai jamais senti décoller.

« Peut-être qu’on a mérité ce qui nous arrive, pensa-t-il. Peut-être qu’on devrait tous disparaître. »

En revanche, les moments où le roman ose plus plonger dans une violence véritable sont réussies. Lorsqu’à travers les rêves d’Oural sont évoqués la surpêche, la pollution plastique, la disparition progressive des espèces … Ce sont des moments brefs, mais si tout le roman avait été à cette image – moins « ménageant » et plus éprouvant – je pense qu’il m’aurait sans doute davantage parlé.

En ce qui concerne l’écriture, je ne sais trop quoi penser. Aurélie Wellenstein a un style très fluide, il m’a semblé qu’elle excellait davantage dans les pragraphes plus violents, ceux que l’on pourrait qualifier de plus « adultes ». En revanche, quelques répétitions sont à noter, et les dialogues sont extrêmement plats. Cela manque d’une gouaille, d’un rythme aussi, ce qui est regrettable car nos personnages ont pourtant des caractères
« gouailleurs », justement. Je pense tout de même lire un autre titre de l’autrice (il y a quelque chose qui sort chez Scrinéo dans les mois à venir, me semble-t-il) histoire de me faire un avis plus poussé sur la question du style.

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En conclusion … Sans aucune surprise, Mers Mortes ne sera pas dans mes cinq finalistes. Pour autant, je salue les idées très inventives d’Aurélie Wellenstein, ainsi que son courage car elle porte à travers ce livre plutôt jeunesse un message très important.

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