L’hiver de la sorcière (#3 Winternight), Katherine Arden

couv60608299Genre : Fantasy 🇺🇸

464 pages


« Moscou se relève difficilement d’un terrible incendie. Le grand-prince est fou de rage et les habitants exigent des explications. Ils cherchent, surtout, quelqu’un sur qui rejeter la faute. Vassia, avec ses étranges pouvoirs, fait une coupable idéale. Parviendra-t-elle à échapper à la fureur populaire, aiguillonnée par père Konstantin ? Saura-t-elle prévenir les conflits qui s’annoncent? Arrivera-t-elle à réconcilier le monde des humains et celui des créatures magiques? Les défis qui attendent la jeune fille sont nombreux, d’autant qu’une autre menace, bien plus inquiétante, se profile aux frontières de la Rus’. »


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Les + : La justesse des différents personnages ; La fin ❤️ ; Une atmosphère magique et unique.

Les – : C’est encore une fois un tome long à démarrer.

Avis précédents :

Tome 1 : L’ours et le rossignol

Tome 2 : La fille dans la tour


Voici enfin la suite (et fin) des aventures de Vassia en Rus’ médiévale. Outre le plaisir de retrouver ce cadre fantasy-esque original, il y a aussi avec L’hiver de la sorcière l’agréable surprise de suivre une conclusion plus qu’à la hauteur. Il faut savoir que bien que je considère les premiers tomes comme de bonnes lectures, ils n’ont pas non plus été des coups de coeur. En cause, quelques longueurs ça-et-là dans le récit. Ce troisième opus n’échappe d’ailleurs pas au problème : la centaine de premières pages m’a paru si longue que j’ai bien cru être déçue pour de bon ! Cependant, j’ai été ravie de persister et de découvrir un récit haletant et travaillé, bien que le problème récurrent évoqué ci-dessus ne soit pas à occulter.

« Écartez-vous ! Mère de Dieu, seriez-vous des moutons devant les premières herbes du printemps ? Qu’y a-t-il ? » Les hommes reculèrent, glacés par le ton de Dimitri. « Eh bien ? »

L’un des hommes retrouva sa langue. « Là, gosoudar. », dit-il en indiquant du doigt une cavité entre deux piliers brisés, dans laquelle quelqu’un lança une torche. Un scintillement apparu : un objet brillant reflétait la lumière de la flamme. Le grand-prince et son cousin le considérèrent, interloqués.

« De l’or ? s’interrogea Dimitri. Ici ?

– Certainement pas, répondit Sacha. Il aurait fondu. »

L’histoire reprend plus ou moins au moment où s’était arrêté le précédent tome. Moscou se relève doucement du gigantesque incendie causé – contre son gré – par Vassia. Cette dernière se cache chez sa soeur Olga, au sein du terem de sa maison. Mais bientôt, une foule se fait entendre à l’extérieur. Le peuple, auquel s’est joint le père Konstantin, est conscient de ses pouvoirs et de sa responsabilité dans l’incendie, bien que tous semblent ignorer qu’elle a aussi sauvé la ville en convainquant Morozko d’intervenir. La voici menée au bûcher et prête à être brûlée ; elle parvient cependant par miracle à s’échapper. Mais à quel prix ? Elle pourrait bien perdre son lien unique avec le roi de l’hiver.

Bien évidemment, rien ne sera simple. En tant que jeune fille bien née dans une société où les femmes aristocrates vivent cloîtrées et à l’écart des hommes, Vassia – en dehors de ses pouvoirs de sorcière – se bat depuis le début pour son indépendance et sa liberté de choix. Et si par le passé les décisions de Vassia n’étaient que rarement réfléchies, ce tome est celui de la maturité, celui où elle va s’affirmer aux yeux de tous comme quelqu’un qui fait entendre sa voix , mais désormais de manière construite.

« Justice doit être faite, avait dit Konstantin. Mais je ne sais pas comment. Peut-être que Dieu le saura. »

Ce sera d’abord auprès de son frère Sacha et de sa soeur Olga. Si le « travail » avait commencé dans le précédent tome, il trouve ici sa finalité. Sacha et Vassia représentent deux « factions » antagonistes : elle est l’ancienne Rus’ traditionnelle, lui la nouvelle Rus’ évangélisée, car il est moine et fervent croyant. Mais leur entente et le respect qu’ils se portent vont leur prouver que ces deux mondes peuvent lutter côté à côté quand une menace bien plus grave, latente depuis le début de la saga, émerge enfin : les Tatars.

Ce troisième tome est donc plus axé vers l’action, mais à la manière de Vassia ; et forcément, les Tchiorti sont aussi sur le devant de la scène pour mon plus grand plaisir ! Nous en retrouvons certains, en découvrons de nouveaux et en apprenons également beaucoup sur la lignée familiale de Vassia ainsi que l’origine de ses pouvoirs, moins peut-être sur sa destinée si ce n’est qu’à travers quelques pistes et suppositions … Ce qui me fait dire d’ailleurs (ça ajouté au personnage de Maria) que l’autrice n’en a pas terminé avec ce monde !

La plume de l’autrice est décidément très belle. Fort heureusement, elle a perdu le côté confus du premier tome qui m’avait parfois valu de nombreux allers/retours dans le texte (et avec une liseuse, laissez-moi vous dire que c’est assez déplaisant). J’ai aimé que dans ce tome elle affirme encore plus haut et fort le désir d’égalité pour lequel Vassia se bat ; elle en fait un personnage – si c’était encore possible ! – davantage accrocheur et auquel il est surtout plus évident de s’attacher. Tous ses combats intérieurs ont été, durant les 300 dernières pages, les miens. Constater que Katherine Arden semble également mieux appréhender Morozko a maximisé mon plaisir de lecture : le poids de son existence immémoriale transparaît enfin, et cela le rend touchant. En cela, tout ce qui concerne le duo qu’il forme avec Vassia est très réussi : ni mièvre, ni trop évident – un passage à l’âge adulte pour cette dernière, avec ses désillusions et ses joies.

De nombreux autres personnages seraient d’ailleurs à souligner : le sourcilleux Ded Grib, le délicieux grand-prince Dimitri, le sage et puissant Sergueï, le tortueux Konstantin ou encore ce cher Soloveï (amoureux.ses des chevaux, vous serez comblés). Ils font eux aussi tout le sel de cette histoire et contribue à la rendre plus vivante et moins manichéenne encore. À noter en fin d’ouvrage une petite note sur l’historique « réel » des différents évènements auxquels il est fait référence dans ce tome, ainsi qu’un glossaire que j’ai aimé parcourir en toute fin de lecture.

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En bref … J’aurais pu mettre noter plus sévèrement ce tome, mais passé le premier tiers, il atteint des sommets en terme de narration et d’idées. Si toute la saga avait été à cette image, elle serait clairement devenue un coup de cœur ! Reste qu’elle est tout de même de qualité et propose un univers original et des personnages attachants.

Note globale de la saga :png-4

7 réflexions sur “L’hiver de la sorcière (#3 Winternight), Katherine Arden

  1. Acr0 dit :

    Je suis contente de lire ta chronique 🙂 Je me dis que je peux – enfin ! – me plonger dans cette trilogie maintenant qu’elle est complètement parue. Je note le démarrage un peu lent mais tu sembles convaincue dans l’ensemble.

    Aimé par 1 personne

  2. tampopo24 dit :

    Malgré tes réserves, il me tarde vraiment de trouver et lire ce dernier tome. L’autrice a construit un univers tellement mystérieux et de si beaux personnages que je ne veux retenir que le positif et vite me replonger dedans ><
    Merci pour cet avis, que je reviendrai sûrement lire après ma propre lecture ^^

    Aimé par 1 personne

    • Les Mots de Mahault dit :

      Finalement, même si j’ai beaucoup aimé ce tome, c’est vrai que je me tiens quand même à distance des nombreux coups de cœur que la saga a pu provoquer.
      En tout les cas, ce dernier tome est parfait pour, comme tu le dis, ne « retenir que le positif ». Pour te dire, j’ai eu cette sensation étrange en le refermant d’avoir eu une énorme coup de cœur, qu’il a fallu que je remette en perspective justement avec mes réserves passées !

      Donc, conclusion : la fin est très très réussie ^^

      Aimé par 1 personne

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